La Maison Internationale de la Poésie – Arthur Haulot a débuté ses activités de l’année 2009 par une rencontre-débat proposée par Claude Raynaud autour de la personne et de l’œuvre de «Saint-John Perse». Cette séance s’est tenue le 22 janvier au Centre Culturel Arabe Wallonie-Bruxelles, partenaire de nos activités cette saison.
Avec l’enthousiasme contagieux qui le caractérise si bien, Claude Raynaud nous a permis de redécouvrir le chemin de vie et de création que parcourut le poète entre la parution d’Eloges (1911) et son dernier recueil, Sécheresse (1974).
Tout en étayant son propos de nombreuses lectures des différentes publications de Saint-John Perse, Cl. Raynaud nous a pris par la main pour nous conduire de la Guadeloupe natale de l’auteur à Paris, en passant par Pékin. Vint ensuite le temps de l’exil aux Etats-Unis, le retour en France et les voyages intérieurs du poète.
D’emblée, Claude Raynaud avait émis le postulat que l’œuvre de Saint-John Perse est un témoignage de toutes les civilisations, une porte ouverte sur le musée imaginaire de son auteur. Son brillant exposé n’a pu que convaincre l’assistance.
Avec l’utilisation d’un vocabulaire dépouillé mais grâce à une recherche stylistique et sémantique incessante, Claude Raynaud nous a démontré et a fait vibrer le souffle épique qui traverse l’œuvre du poète et la rend aujourd’hui encore si atypique, hors du temps et reconnaissable entre toutes.
Un œuvre dans laquelle l’être humain disparaît progressivement pour céder la place aux éléments, aux sensations, rendus grâce à un travail incessant sur le style, façonnant de réelles incantations. Un travail de plongée en soi où l’introspection progressive qui en éloignant l’être du temporel lui ouvre les portes d’une écriture universelle, allant même jusqu’à la réinvention d’une nouvelle cosmogonie. Un voyage au centre de l’œuvre d’un homme qui plaçait le bonheur parmi les vertus et dont la tâche fut de chercher ce dernier non dans un objet spécifique mais dans l’interconnexion entre chaque chose ici-bas.
Une œuvre en parfaite adéquation avec ce que répondait le poète lorsqu’on lui demandait pourquoi il écrivait: «Pour vivre mieux et plus loin».
Frédérique Longrée
in Le Journal des Poètes, n°1, 2009, p.4.









