Rimbaud sous le feu de regards croisés
Le jeudi 18 novembre, une rencontre-débat de la MIPAH lançait, grâce aux approches textuelles et biographiques de Christophe Van Rossom et Théophile de Giraud, un coup de projecteurs croisés sur un «Rimbaud méconnu».
Malgré les apparences, le titre n’est nullement prétentieux: la poésie de Rimbaud est – faut-il le dire? – d’une telle densité que sa lecture est riche de tous les possibles. Étudiant les relations de Rimbaud avec Verlaine, avec sa mère, avec la guerre et les armes, les deux conférenciers ont proposé une interprétation symbolique et plurielle de l’œuvre du poète: Rimbaud le révolté invente un nouvel espace littéraire, alors que l’ancienne poésie, réticente à la modernité, tire (aux sens propre et figuré) sur la jeune génération, iconoclaste et subversive.
Rimbaud n’aurait-il pas, au fond de lui-même, un projet destructeur de la littérature? Ses armes ne seraient-elles pas la parodie et l’humour? Sa poésie ne serait-elle pas la traduction anticipée de sa seconde vie, ce «voyage vers l’inconnu», en Afrique, sous le feu des pillards?
Alternant hypothèses audacieuses, batailles biographiques et provocations gestuelles, Christophe Van Rossom et Théophile de Giraud ont réussi à faire de cette soirée un moment d’échanges et d’interrogations. Et ce malgré un sujet un peu trop vaste pour permettre au public une intériorisation immédiate de leurs propos.
Introduite par Jean-Luc Wauthier, la séance avait débuté par un «coup de cœur» à Pascal Leclercq, jeune poète liégeois dont on a pu découvrir la langue âpre et amère.
Pour la première fois, la soirée se déroulait à la Maison des Écrivains à Ixelles, en collaboration avec l’Association des Écrivains belges de langue française (AEB). Brillant coup d’envoi, en prélude à de futures réalisations communes programmées pour 2011.
Jean-Pierre Dopagne










