Magritte, l’image poétique ou provocante, le 19 novembre 2009
Pour sa première rencontre-débat au Flagey, la Maison Internationale de la Poésie - Arthur Haulot a demandé à son vice-président, poète mais aussi éminent historien de l’art, Philippe Jones, de nous parler du rapport à la poésie de René Magritte.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, Philippe Jones nous a fait part de son coup de cœur pour les écrits de Corinne Hoex, à la fois historienne de l’art, romancière et poète.
Au travers de projection d’œuvres telles que L’Empire des lumières, L’Art de la conversation , La femme introuvable et de nombreuses autres toiles, Philippe Jones nous a montré la démarche poétique appliquée à la peinture par Magritte. A l’inverse de Breton pour qui le Surréalisme jaillissait du « rapprochement en quelque sorte fortuit » de deux réalités distantes, Magritte le convenait plutôt comme « le résultat de la recherche systématique d’un effet poétique bouleversant ». Philippe Jones, au travers de son exposé, nous a montré que l’insolite chez Magritte ne surgit pas du subconscient mais au contraire de la cohabitation consciente d’éléments trouvés dans le réel et détournés de leur fonction habituelle. Rien n’est laissé au hasard, l’œuvre procède du dialogue et du questionnement entre l’artiste et la réalité donnant naissance à une image qui établit un nouveau dialogue entre la réalité et la représentation de celle-ci dans le nouveau monde imaginé, créant un objet de poésie.
La lecture de textes de Magritte sur sa démarche créatrice est venue étayée ces propos. Philippe Jones nous a aussi lu des extraits d’Henri Michaux évoquant l’œuvre du peintre et corroborant ces propos.
Dans Le Démon de la perversité et Le Domaine d’Arnheim, titres empruntés à Edgar Allan Poe, l’orateur nous a expliqué la façon dont Magritte a interprété en poète le rêve de l’écrivain en unissant des éléments de façon telle qu’elle éveille chez le spectateur un sentiment de mystère.
Suivie par un public nombreux et attentifs, cette rencontre-débat nous aura permis, une fois encore, la pensée et de la démarche poétique d’un artiste ne s’exprimant pas au travers de mots mais nous livrant sa poésie par le biais de son questionnement de la réalité et de ses pinceaux
Frédérique Longrée










