La Fontaine ou la subversion du plaisir
C'est, une fois encore, à une fête de la poésie et de l'intelligence que nous a conviés, ce avril 2011, à la Maison des Ecrivains, Christophe Van Rossom.
D'entrée de jeu, il nous a fait partager son enthousiasme pour l'(encore) jeune poète belge Hubert Antoine, défenseur de l'alliance du lyrisme et de la pensée poétique, poète de la vie, poète-artisan qui, tel Lautréamont, fuit les entraves par le biais d'une oeuvre rare et réfléchie.
C'est ensuite Jean de La Fontaine qui sera l'objet de son étude. Un La Fontaine pas du tout scolaire mais, avant tout, contestataire tranquille du «Roi Lion», Louis XIV qui, on le sait, ne l'aimait guère. Van Rossom, à juste titre, fera de son modèle une manière de «post-libertin», matérialiste et sensuel à la fois, opposé à l'Eglise et à tout dogme susceptible de faire fuir la sainte et divine Volupté, jouant, dit l'analyste, Apollon contre Jupiter.
Fidèle en amitié ( il défendra Fouquet contre vents et marées) , académicien rebelle (dans son discours de réception, il réussira à ne pas citer son prédécesseur), écologiste avant la lettre dans son anti-cartésianisme (il affirme avant tout le monde que les animaux ont une âme là où ses contemporains ne voyaient que des machines). Bref, c'est la modernité d'un poète saisi par la subversion du plaisir dont l'orateur, aidé par la comédienne Morgane Choupay qui assurait de très fines lectures, a donné un portrait revisité et très attachant.
Les longs et vibrants applaudissements qui ont salué son travail d'analyste-poète et la prestation de sa complice ont témoigné de la réussite de cette belle et riche soirée poétique.
Jean-Luc Wauthier









