Chopin, poète?
Le 24 février, à la veille du bicentenaire de la naissance de Frédéric Chopin, la Maison Internationale de la Poésie – Arthur Haulot a tenu à célébrer l’événement en proposant une rencontre-débat intitulée «Chopin, poète?». Lucien Noullez, poète, et Benoît Mernier, compositeur, ont relevé le défi de répondre à cette question.
C’est à un dialogue à la fois passionnant et didactique que nous ont permis d’assister ces deux artistes à travers l’écoute de différentes œuvres du compositeur mais également à travers des lectures de ses écrits, déroutants d’ironie et à contre courant de l’image d’un Chopin austère et malade ancrée dans la plupart des esprits. Des textes d’auteurs évoquant le pianiste ou son œuvre ont également été lus par Frédéric Lepers.
Grâce à ses connaissances musicales, Benoît Mernier nous a expliqué, par le biais de différents exemples musicaux, la façon dont Chopin parvenait à surprendre et à innover en inoculant dans ses œuvres des trouvailles tant au niveau de la technique pianistique que mélodique. La rigueur dans le travail de la ligne contrapuntique dissimulée par les ornements, la vélocité de certains morceaux qui masquent une subtilité harmonique somptueuse et totalement inédite, l’exploitation de toute la palette sonore offerte par l’instrument de prédilection de Chopin, nous ont dévoilé la passion d’un artiste pour son outil et sa recherche incessante pour repousser les limites pianistiques en marge du qu’en dira-t-on.
Chopin était-il poète? Plus que probablement par son don de parler au cœur de ses auditeurs et de ses interprètes. N’oublions pas qu’il est celui qui a transformé l’exercice de style rébarbatif qu’étaient avant lui les Etudes en de vraies œuvres musicales que l’on a non seulement plaisir à écouter mais aussi à interpréter grâce à ce supplément d’âme qu’il leur a insufflée.
Au cours de sa vie si brève, Chopin aura rêvé son instrument et l’aura incessamment réinventé en en exploitant le maximum de son potentiel. Ses mains auront été la plume, son âme l’encrier, son clavier le medium d’expression de sa poésie.
Frédérique Longrée










