L'Arrogance et la Fragilité, de Baudelaire à Chavée
C’était le titre de la conférence que Jean-Luc Wauthier donna au Centre culturel arabe de Bruxelles au printemps de cette année.
Si le romantisme trouva son berceau d’abord en Angleterre et en Allemagne les abysses intérieurs des poètes de langue française apparurent particulièrement avec Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Marceline Desbordes-Valmore…
Poètes de la révolte mais aussi de la tristesse les exemples abondent dans le panorama dressé par Wauthier. «Est-il quelqu’un qui me connaisse?» « Je suis seul, je suis las» «Oh mort noir verrou de la porte humaine» «Tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté»…
La première guerre mondiale embrasera l’Europe au début du XXième, donnant naissance au dadaïsme et au surréalisme avec Lautréamont, Aragon, Artaud, Michaux, Char, Reverdy, Desnos, Eluard, Chavée, poètes de la gravité, du silence mais aussi de la provocation.
Si le romantisme s’est bien éloigné de nos rives poétiques, peut-on en dire autant du surréalisme? Le conférencier laisse entendre qu’à part quelques slogans publicitaires et quelques comparaisons faciles le surréalisme aurait disparu de nos horizons. Arrogance et fragilité: l’orgueil «ne déplait tant que parce qu’il se donne, s’attribue et s’arroge tout» « d’où est venu le mot arrogance» disait Rivarol au XVIIIième.
La «fragilité, ton nom est Femme» s’exclamait Shakespeare.
Etait-ce si judicieux de la part de ces derniers de s’exprimer ainsi?
L’exposé précis et fort étendu de Jean-Luc Wauthier, quant à lui, et les lectures assumées avec conviction et profondeur par François Mairet ont été applaudis chaleureusement par un public enthousiaste et conquis.
Jean Dumortier
in Le Journal des Poètes, n°3, 2009










