Une rage habitait Paul Février. Une rage de vivre et de mourir sur le font du temps, dans la gangue des mots. Tout autre chose, donc, qu’une prétention littéraire.
Cette rage de vivre, qui croisait le fer avec la rage de parler, Paul Février n’en avait pas fait une montagne. Il voulait en creuser les fondements, la trouver chez ses confrères en poésie; Il n’était jamais vraiment satisfait de son travail.
Mais heureusement, aujourd’hui, ce travail est offert. L’amitié est contagieuse. La charité ne commence pas par soi-même. Ce sont les raisons qui ont poussé, je crois, André Doms, à publier en deux tomes l’essentiel de l’œuvre de Paul Février.
Doms y raconte avec l’exigence qu’on lui connait, son ami Paul Février. Puis il rassemble les poèmes, sans plus de raison, après tout, qu’ils sont plus beaux les uns que les autres, plus beaux, plus forts, plus essentiels, et toujours plus discrets que la mode ou les gloires du temps.
Grâce à André Doms, l’œuvre de Février est accessible. On en parlera peu. On en chuchotera les mérites, et j’ose espérer que ces chuchotements iront plus loin que bien des gloires éphémères.
Lucien Noullez (extrait du Coup de cœur, Journal des Poètes, N°4 / 2009)
Paul Février, Minotaure Obscur, Amay, L’Arbre à Paroles, Tomes I et II.










