Le poète dans sa langue (extraits)
Intervention inaugurale de Jean Métellus Président de la 26ème Biennale Internationale de Poésie, à Liège.
Donc tant qu’on n’aura pas compris cette obsession de chaque être à se dire, à se répéter, à s’installer en force et à résister à tous les balayages intellectuels et/ou idéologiques, on ne pourra pas durablement fréquenter la demeure du poète.
C’est là ce qui suppose, d’un sujet parlant à l’autre, du respect, le respect de l’autre foyer de sensibilité et de parole. Comme le disait Baudelaire " Ne méprisez jamais la sensibilité d’autrui, sa sensibilité c’est son génie ". Nous sommes là, à n’en pas douter, en présence d’un consensus à travers langues et cultures.
Pour pouvoir traduire selon nous, comme le fait le poète, même dans le temps de sa simple respiration, il faut pouvoir obéir à cette injonction d’Hopkins et à cette sollicitation de Baudelaire, d’autant plus que, continuant son poème, Hopkins écrit:
Je dirai plus encore: le juste œuvre justice;
Garde grâce, par là gardant ses voies en grâce;
Agit aux yeux de Dieu ce qu’il est à Ses yeux –
Christ – car le Christ se joue en mille et mille places
Pour complaire en des yeux, en des membres non siens
Au Père sur les traits des visages humains.










