André Pieyre de Mandiargues (1909-1991) (extrait)
Durant plus d’un demi-siècle, avec André Pieyre de Mandiargues, souffla sur notre littérature un vent léger qui apportait, outre les éléments d’un fantastique surréalisant, le fragile et délicieux parfum de l’érotisme d’une époque qui en manquait singulièrement.
Né le 14 mars 1909 à Paris à Paris, dans une famille protestante, il vécut en dilettante une jeunesse sans heurts ni problèmes majeurs, préoccupé par l’esthétisme d’une œuvre qui, très tôt, le révéla lors de la parution du livre dédié à Léonor Fini «Le musée noir» (1946). Dès lors, les publications succédèrent aux publications dans lesquelles Mandiargues exprimait, avec le talent que l’on sait, une prédilection pour l’irrationnel et l’onirisme, ce qui le rapprocha d’André Breton et de ses amis surréalistes.
C’est à Monte-Carlo (où il s’était réfugié) qu’il publia «Dans les années sordides», illustré par Léonor Fini. Nouvelles, poèmes, romans, essais divers, donnèrent à sa bibliographie un poids fort appréciable. Après la publication des livres «Le musée noir» et «Soleil des loups» il fit paraître, en 1951, «Les masques de Léonor Fini». Ces divers ouvrages consacrèrent son talent, marqué par une originalité profonde et une inspiration de tous les instants. Le plus souvent, André Pieyre de Mandiargues s’exprimait par le biais de la prose, de petits textes courts d’où se dégageait «un certain ton entre l’humour et la cruauté littéraire», écrivait-il à propos de «L’araignée d’eau», de Marcel Béalu, dans une fameuse préface qui aurait pu concerner ses propres écrits, si l’on en veut pour preuve cet autre extrait particulier:
«nous tentions de faire la nuit en nous et autour de nous pour offrir à la pensée une zone d’ombre où elle pût divaguer librement, nous étions avares des moindres bribes laissées, à la mémoire par les rêves, nous nous enfoncions dans la rêverie aussi loin et aussi longtemps que possible.»
Jean Chatard










