Admiral Mahic
Carnet de route en Bosnie
Ô Bosnie, des baguettes de pain fendues flottent sur la rougeur céleste.
Le pain va de force interrompre mes hallucinations.
Héroïquement le deuil est préparé. D’airain
sont toutes les guitares qui d’oxygène remplissent les veines.
M’éblouit le marteau d’un psychiatre sur une stèle bogomile.
Je repousse d’un rêve malheureux la cuiller enflammée.
Avec une armée de cuirassiers pervers je resplendis par-dessus les fleurs fanées,
quand il nous faut éteindre la lumière chez le défunt.
Les yeux angoissés m’éblouissent: O, arrêtez !
L’homme est une aube craintive ! Ne le blessez pas !
La verdure immobile soupire mais le chant de la rivière la console…
Nue, l’amante sur la route noire a lu ce carnet de voyage…
Le poète sans emploi dans la fosse jaune rouge a cillé
de ne pouvoir dans la forêt emmener la belle dame…
Au cœur d’un menaçant cosmos où regarde la Bosnie ?
Les pupilles sont insaisissables, obscurité ronde et creuse.
Des colliers d’or autour de leurs pupilles, sur une poussière d’étoiles marchent
les inventeurs. Ils ne dépérissent pas au creux de la terre.
Partout il tonne. L’ombre s’allonge dans l’éclat
d’une fenêtre cruelle. Faible est la Bosnie qui dans les bras du soleil dort.
Elle a des robes tristes, des chaussures et des lèvres souillées
par l’étrange baiser d’un Géant. O que ta gloire soit délicate !
J’étais endormi quand tu planifiais mes péchés!
Traduction de Gérard Adam










