Emmanuelle Favier
(France, née en 1980)
Tu émerges perclus des tentes de soleil où nous apaisons nos rimes. Au seuil d’un grand arbre, tu déverses l’âpre tremblement de nos risées. Sous mes genoux se creusent toutes les exclamations de la forêt, gémissement des feuilles, oiseaux-torches arrachant aux pluies de lumière leur éclat défaillant.
Si je n’enserre pas dans l’instant l’écorce sableuse au repli de mes cuisses, je sais que glissera aux terres vierges le fruit de notre joute. Si je n’aboie pas le perpétuel miracle aux oreilles centenaires, l’éclair se perdra dans la multitude des lampes.
Nous terminerons par une marche hésitante sous les feuillages, et la course des gibiers.
(Extrait du recueil Le Point au soleil, inédit, 2007)
Extrait d’un Dossier «Jeune poésie à Paris», établi par Aude –Marie Schmitt
Le Journal des Poètes, N°4 / 2008.










